Le pari de Pascal
Examinons le raisonnement par lequel le philosophe Blaise Pascal tente à son époque de convertir les incroyants ; il reste encore souvent présenté comme un raisonnement imparable. Quel est donc ce raisonnement?
Voici le passage en question prélevé dans les Pensées : "Vous avez deux choses à perdre : le vrai et le bien, et deux choses à engager : votre raison et votre volonté, votre connaissance et votre béatitude; et votre nature a deux choses à fuir : l'erreur et la misère. Votre raison n'est pas plus blessée, en choisissant l'un que l'autre, puisqu'il faut nécessairement choisir. Voilà un point vidé. Mais votre béatitude ? Pesons le gain et la perte, en prenant choix que Dieu est. Estimons ces deux cas : si vous gagnez, vous gagnez tout; si vous perdez, vous ne perdez rien. Gagez donc qu'il est, sans hésiter."
En fait, Pascal part du principe que parier sur l'existence de Dieu et gagner nous certifie l'accès à une infinité de vies éternelles et joyeuses (le paradis), tandis que parier pour son inexistence et gager faussement nous rendrait inévitable une éternité de châtiments (l'enfer). Pour lui, notre raison ne peut trancher sur la question, il s'en remet à un simple calcul ; il se réduit à parier. Il se place donc à priori dans une position agnostique pour se placer, au final, en tant que défenseur du Dieu des chrétiens.
Toutefois, il est certain qu'il serait absurde de se demander d'une existence si il est possible qu'elle soit réelle, dès lors qu'il serait impossible qu'elle soit possible. Il serait aisé de montrer l'absurdité de l'existence du Dieu des chrétiens, tant il révèle nombre d'incohérances. Mais cela pourrait nous entraîner dans des discussions interminables car de nombreux croyants seraient bien en mal de le reconnaître. Réfutons donc autrement.
Même partant du principe qu'une telle existence soit possible, il ne va pas de suite qu'elle serait réelle. Ce n'est pas parcequ'un concept n'entre pas en contradiction avec lui même, qu'il se met nécéssairement en position d'existence ; c'est toute la différence, pour l'individu qui pense cette existence, entre la cohérance et la vérité. Car la cohérance de la pensée, bien qu'elle soit une condition nécéssaire à la vérité (la vérité n'entre pas en contradiction avec elle-même), elle n'en est pas une condition suffisante. Une pensée vraie doit non seulement être cohérante, mais elle doit aussi s'accorder avec l'experience. Or, nous serions bien en peine de confirmer, par l'experience, l'existence d'une entité invisible, qui n'interfère jamais avec notre univers. De tels efforts seraient donc naturellement vains. Nous dirons que l'existence de Dieu n'est qu'une possibilité logique.
Pascal admet à la base de son raisonnement qu'il y aurait autant de chances que Dieu existe que de chances que Dieu n'existe pas. Déclarant que pour le croyant le gain serait infini et que la perte serait quasi-nulle, que pour l'athée le gain serait quasi-nul mais la perte infinie, Pascal en arrive, en considérant pour chaque cas le rapport du gain sur la perte, à dire que peu importe finalement le nombre de chances que Dieu existe ou non, il faudrait parier pour l'existence de Dieu. Mais tout le sophisme de Pascal consiste à parler en termes de probabilité de l'existence de Dieu, c'est à dire en terme de chances que Dieu existe.
En effet, qu'es ce qu'une chance sinon le calcul du droit pour une possibilité de prétendre à l'existence effective, ce que nous apellerons une possibilité réelle? Mais rappelez-vous : l'existence de Dieu n'est qu'une possibilité logique, c'est à dire une incertitude totale quant à la possibilité, pour cette possibilité, de pouvoir jamais prétendre à l'existence effective. Pascal accorde à la possibilité de l'existence de Dieu, la possibilité d'être réelle, sans savoir si c'est véritablement possible. Il ne fait donc pas de sens de parler de chances à ce sujet sans savoir si la proposition de Pascal relève de la chimère. Il faut donc renoncer à parier.

2 Comments:
bonjour
je pense juste que pour juger de certaines choses et pour faire éclater la vérité il ne faut pas prendre dès le départ des présupposés venant d'auteurs dont on reprend les idées .Je pense qu'il y a certaines choses(je ne dis pas tout!) qu'il faut considérer avec une logique dépouillée de toutes passions,et la raison fera éclater la vérité.mais pour arriver à la vérité il faut que notre intelligence se conforme au réel et l'épouse et qu'elle ne se tourne pas vers elle même.enfin pour arriver à démontrer ou à détruire l'existence de Dieu il faut partir du commencement cad du particulier vers l'universel et non pas aboutir sans préalable au sommet de la métaphysique.
bien sûr ilest impossible de tout dire ici aussi je reste à votre disposition pour discuter et débattre.
La conjucture ne sert a rien à la verité.
@+
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